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Par Lucie · Publié le 20 août 2026 · 13 min de lecture

Relance de facture impayée : la procédure complète, avec modèles de lettres

Service indépendant — non affilié à Nous Research (éditeur du logiciel Hermes Agent) ni à Hermès International.

Première relance, deuxième relance, mise en demeure : la procédure complète pour récupérer une facture impayée, avec des modèles à copier et les délais légaux réels (Code de commerce).

Une relance facture impayée bien menée suit toujours la même logique : monter en fermeté, étape par étape, jusqu'au règlement. Ce guide couvre les trois étapes — première relance, deuxième relance, mise en demeure — avec un modèle prêt à copier pour chacune, les délais légaux réels, et ce qui distingue une relance impayé facture efficace d'un simple rappel oublié dans la boîte mail.

La bonne nouvelle : la procédure de recouvrement amiable est balisée, presque toujours la même, et fonctionne dans la grande majorité des cas sans jamais passer devant un tribunal.

Relance facture impayée : les trois étapes

Trois étapes suffisent dans l'immense majorité des cas, dans cet ordre précis. Une première relance, au ton neutre, quelques jours après l'échéance. Une deuxième relance, plus ferme, si la première reste sans réponse. Puis, si rien ne bouge, une mise en demeure de payer — une lettre formelle qui ouvre la voie à une procédure judiciaire si le client persiste à ne pas payer.

Chaque étape a son propre modèle plus bas dans cet article, prêt à copier. Le principe qui les relie : monter progressivement en fermeté, toujours par écrit, toujours daté — c'est ce qui fait la différence si l'affaire devait, un jour, finir devant un juge.

1. Première relance TON NEUTRE Quelques jours après l'échéance E-mail ou lettre simple 2. Deuxième relance TON FERME Si la première reste sans réponse Rappelle pénalités et indemnité 3. Mise en demeure LETTRE FORMELLE Envoi en LRAR obligatoire Ouvre la voie à l'injonction de payer si le client ne réagit toujours pas
Les trois étapes d'une relance de facture impayée : montée en fermeté progressive, toujours par écrit.

Combien de temps attendre avant de relancer un client ?

Rien n'oblige à attendre longtemps. Dès le lendemain de la date de paiement indiquée sur la facture, le retard est constitué juridiquement — les pénalités de retard courent d'ailleurs déjà à ce moment-là, de plein droit, sans qu'aucune relance ne soit nécessaire pour les déclencher (voir la section sur la loi, plus bas).

En pratique, la plupart des indépendants attendent entre 3 et 7 jours ouvrés après l'échéance avant d'envoyer une première relance — le temps qu'un simple oubli se corrige de lui-même. Au-delà de 15 jours de silence après cette première relance, passer à la deuxième devient raisonnable. Au-delà de 30 jours de retard total sans réponse sérieuse, la mise en demeure n'est plus prématurée.

Ces délais ne sont pas fixés par la loi — ce sont des repères de bon sens, pas une règle à respecter au jour près. Ce qui compte davantage : ne jamais laisser un silence s'installer sans relance écrite, et garder une trace datée de chaque étape.

Première relance : e-mail et lettre

Le ton reste neutre et suppose la bonne foi — un rappel, pas un reproche. L'objectif est simple : remettre la facture sous les yeux du client, avec les informations nécessaires pour régler rapidement, sans qu'il ait à chercher.

Objet : Rappel — Facture [N° FACTURE] du [DATE FACTURE]

Bonjour [NOM CLIENT],

Sauf erreur de notre part, la facture [N° FACTURE] d'un montant de [MONTANT] €, émise le [DATE FACTURE] et payable au [DATE D'ÉCHÉANCE], ne semble pas encore réglée à ce jour.

Il s'agit probablement d'un simple oubli. Pourriez-vous procéder au règlement dans les meilleurs délais, ou nous indiquer si un problème empêche ce paiement ?

Vous trouverez la facture en pièce jointe pour rappel.

Cordialement,
[VOTRE NOM]

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Deuxième relance : un ton plus ferme

Si la première relance reste sans réponse après une dizaine de jours, la deuxième change de registre. Ce n'est plus un rappel qui suppose la bonne foi : c'est un signalement explicite du retard, avec ce qu'il coûte déjà — pénalités et indemnité forfaitaire de 40 €, que la première relance ne mentionnait volontairement pas encore, pour ne pas braquer un client qui avait simplement oublié.

Le bon moment pour l'envoyer : entre 10 et 15 jours après la première relance, jamais avant — c'est ce délai qui distingue un rappel encore courtois d'une pression prématurée. Au-delà de 15 jours de silence complet, en revanche, il n'y a plus de raison d'attendre : chaque jour de plus retarde d'autant l'étape suivante si le client ne réagit finalement pas.

Objet : Deuxième relance — Facture [N° FACTURE] toujours impayée

Bonjour [NOM CLIENT],

Malgré notre relance du [DATE PREMIÈRE RELANCE], la facture [N° FACTURE] d'un montant de [MONTANT] €, échue depuis le [DATE D'ÉCHÉANCE], demeure impayée à ce jour.

Je vous rappelle que ce retard donne d'ores et déjà lieu, de plein droit, à des pénalités de retard ainsi qu'à une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement (article L. 441-10 du Code de commerce).

Merci de bien vouloir régulariser cette situation sous 8 jours. À défaut, je me verrai contraint de vous adresser une mise en demeure de payer.

Cordialement,
[VOTRE NOM]

Devoir surveiller les délais et relancer au bon moment, ce n'est pas ce sur quoi vous devriez passer du temps. Un agent peut envoyer cette deuxième relance automatiquement si la première reste sans réponse — créez le vôtre en quelques minutes.

Qu'est-ce qu'une mise en demeure de payer ?

Une mise en demeure est un acte par lequel un créancier somme formellement son débiteur d'exécuter une obligation — ici, payer une somme due. Elle est définie par l'article 1344 du Code civil : le débiteur est mis en demeure « soit par une sommation ou un acte portant interpellation suffisante, soit, si le contrat le prévoit, par la seule exigibilité de l'obligation ».

Concrètement, ce n'est ni une simple relance, ni un acte réservé aux avocats ou aux commissaires de justice (anciennement huissiers) : une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR), rédigée par le créancier lui-même, suffit dans la grande majorité des cas — c'est d'ailleurs la forme la plus utilisée en pratique. L'envoi en LRAR n'est pas qu'une formalité : c'est la preuve de la date à laquelle le débiteur a reçu la mise en demeure, une date dont dépendent les délais qui suivent.

Sur le fond, deux effets juridiques réels s'attachent à cet acte, indépendamment de toute action en justice : il fait courir les intérêts moratoires si ce n'était pas déjà le cas, et il constitue le préalable indispensable à une procédure d'injonction de payer si le client ne réagit toujours pas.

Lettre de mise en demeure : modèle et mentions obligatoires

La loi n'impose pas de formulaire type, mais quatre éléments donnent sa valeur juridique à la lettre : les coordonnées complètes des deux parties, la mention explicite « Mise en demeure » dans l'en-tête ou l'objet, la référence précise à la créance (numéro de facture, montant, date d'échéance), et un délai de paiement supplémentaire raisonnable — souvent entre 8 et 15 jours.

[VOS COORDONNÉES]
[NOM CLIENT]
[ADRESSE CLIENT]

Lettre recommandée avec accusé de réception

MISE EN DEMEURE DE PAYER

[VILLE], le [DATE]

Objet : Mise en demeure de payer — Facture [N° FACTURE]

Madame, Monsieur,

Malgré nos relances des [DATE PREMIÈRE RELANCE] et [DATE DEUXIÈME RELANCE], la facture [N° FACTURE] d'un montant de [MONTANT] €, émise le [DATE FACTURE] et échue depuis le [DATE D'ÉCHÉANCE], demeure impayée à ce jour.

Par la présente, je vous mets en demeure de régler l'intégralité de cette somme dans un délai de 8 jours à compter de la réception de ce courrier.

Je vous rappelle qu'en application de l'article L. 441-10 du Code de commerce, ce retard de paiement donne lieu de plein droit à des pénalités de retard ainsi qu'à une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, déjà exigibles à ce jour.

À défaut de règlement dans le délai imparti, je me réserve le droit d'engager une procédure d'injonction de payer devant le tribunal compétent, sans autre préavis.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[SIGNATURE]
[VOTRE NOM]

Trois lettres, trois échéances à ne pas rater.

Votre agent peut suivre les dates d'échéance et préparer chaque relance au bon moment, sans que vous ayez à y repenser.

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Ce que dit la loi : délais, pénalités, indemnité de 40 €

Trois règles à connaître, toutes issues du Code de commerce.

Le délai de paiement légal, fixé par l'article L. 441-10, est de 30 jours après la réception de la marchandise ou l'exécution de la prestation, sauf accord contraire entre les parties. Un délai plus long peut être convenu, dans la limite de 60 jours nets à compter de la date de facture, ou 45 jours fin de mois si les parties en conviennent explicitement. Certains secteurs ont des règles dérogatoires (transport routier, denrées périssables, livre) qui ne sont pas détaillées ici.

Les pénalités de retard sont exigibles de plein droit dès le lendemain de la date de paiement figurant sur la facture — sans qu'aucun rappel ne soit nécessaire pour les déclencher, contrairement à une idée répandue. Le taux minimum applicable est celui de la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente, majoré de 10 points, sauf taux contractuel supérieur. Ce taux ne peut jamais être inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal.

L'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, fixée par l'article D. 441-5, est due de plein droit dès le premier jour de retard — elle aussi sans mise en demeure préalable. Son montant est fixe, quelle que soit la durée du retard : ni 20 €, ni 100 € selon le nombre de jours écoulés, toujours 40 €. Si les frais de recouvrement réellement engagés dépassent ce montant, une indemnisation complémentaire peut être demandée, sur justificatifs. Cette indemnité n'est pas soumise à TVA.

Ceci n'est pas un conseil juridique

Cet article présente le cadre légal général applicable aux relations commerciales entre professionnels en France, à titre informatif. Pour une situation spécifique — montant important, client insolvable, litige commercial complexe, relation avec un particulier plutôt qu'un professionnel — l'avis d'un avocat ou d'un commissaire de justice reste la seule réponse fiable.

Après la mise en demeure : et si le client ne paie toujours pas ?

Si la mise en demeure reste sans effet, l'étape suivante est la procédure d'injonction de payer. Le tribunal compétent dépend du statut des parties : entre deux commerçants, c'est le tribunal de commerce (article L. 721-3 du Code de commerce). Mais un artisan ou un professionnel libéral n'est pas commerçant au sens juridique — si son client débiteur ne l'est pas non plus, seul le tribunal judiciaire est compétent ; et même face à une société commerciale, l'artisan, non-commerçant et demandeur, garde le choix entre les deux juridictions. Contrairement à une idée reçue, aucun délai d'attente minimum n'est imposé par la loi après l'envoi de la mise en demeure avant de déposer la requête — la Cour de cassation l'a confirmé, y compris pour les créances de faible montant.

La procédure elle-même est rapide et peu coûteuse comparée à une action en justice classique : une requête déposée au greffe, accompagnée des pièces justificatives (factures, mise en demeure envoyée en LRAR, accusé de réception), aboutit généralement à une ordonnance du président du tribunal en moins d'une semaine. Cette ordonnance doit ensuite être signifiée au débiteur par un commissaire de justice dans un délai de 3 mois, sous peine de caducité. Le débiteur dispose alors d'un mois pour faire opposition — à défaut, l'ordonnance devient exécutoire.

Cette étape dépasse le cadre du recouvrement amiable traité ici — elle mérite un accompagnement dédié plutôt qu'un résumé de plus.

Les erreurs qui font perdre de l'argent

Attendre trop longtemps avant la première relance est la plus fréquente : plus le silence dure, plus la créance devient difficile à récupérer, et plus le client s'habitue à l'idée que le retard ne coûte rien. Ce n'est pas vrai — mais encore faut-il l'avoir rappelé par écrit.

Relancer par téléphone sans jamais rien écrire ensuite en est une autre : un appel peut débloquer une situation, mais ne laisse aucune trace datée. Si l'affaire devait aller plus loin, seul l'écrit compte.

Oublier de mentionner les pénalités et l'indemnité forfaitaire dans les relances est une occasion manquée — ces sommes sont dues de plein droit, autant le rappeler tôt plutôt que de les découvrir soi-même au moment de la mise en demeure.

Et la plus coûteuse : laisser plusieurs factures s'accumuler chez le même client avant de réagir. Chaque facture a sa propre échéance, son propre calendrier de relance — les laisser se mélanger rend le suivi plus difficile, et le montant total à recouvrer plus dur à faire accepter d'un coup.

Suivre les échéances sans y penser chaque semaine

Tout ce qui précède fonctionne, mais demande une chose simple à énoncer et facile à négliger en pratique : suivre une échéance, chaque fois, sans exception, jusqu'au règlement. C'est précisément le genre de tâche qu'un agent IA prend en charge une fois configuré — surveiller les dates, préparer la relance au bon ton, et vous soumettre chaque message avant envoi.

Configuré une fois, en langage naturel, l'agent applique la même rigueur sur une facture comme sur cinquante — sans jamais laisser un silence s'installer par simple oubli.

À retenir

  • Trois étapes : première relance (ton neutre), deuxième relance (ton ferme), mise en demeure (lettre formelle en LRAR) — toujours par écrit, toujours daté.
  • Les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 € sont dues de plein droit dès le lendemain de l'échéance, sans qu'aucune relance ne soit nécessaire pour les déclencher.
  • La mise en demeure (article 1344 du Code civil) n'a pas de formulaire imposé, mais doit porter la mention explicite « mise en demeure », les coordonnées des deux parties, la créance précise, et un délai de paiement raisonnable.
  • Aucun délai d'attente minimum n'est imposé après la mise en demeure avant de déposer une requête en injonction de payer.
  • Cet article informe, il ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit pour une situation spécifique.

Le suivi des échéances, la rédaction des relances — sans y penser chaque semaine

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Questions fréquentes

Une facture impayée se prescrit-elle au bout d'un moment ?

Oui : entre professionnels, le délai de prescription est de 5 ans à compter de l'échéance (article L. 110-4 du Code de commerce). Passé ce délai, la créance ne peut plus être réclamée en justice. Certains actes interrompent ce délai et le font repartir à zéro — une mise en demeure par commissaire de justice, une action en justice, ou une reconnaissance de dette du client.

Peut-on relancer un client uniquement par téléphone ?

Un appel peut débloquer une situation plus vite qu'un e-mail, mais ne remplace jamais l'écrit : sans trace datée, impossible de prouver qu'une relance client a bien eu lieu si l'affaire devait aller plus loin. La bonne pratique reste d'appeler si utile, puis de confirmer par écrit dans la foulée.

La mise en demeure doit-elle passer par un avocat ou un commissaire de justice ?

Non, pas à ce stade. Une lettre recommandée avec accusé de réception, rédigée par le créancier lui-même, suffit dans la grande majorité des cas — c'est même la forme la plus utilisée en pratique. Le recours à un commissaire de justice reste possible mais n'est pas une obligation légale.

Que se passe-t-il si le client conteste la facture après la mise en demeure ?

L'injonction de payer n'est plus l'outil adapté : c'est une procédure pensée pour des créances non sérieusement contestées. Si le client conteste réellement le montant ou la prestation, le litige relève d'une procédure contradictoire classique — un dossier à ce stade mérite l'avis d'un avocat plutôt qu'une démarche seul.

Combien coûte une procédure d'injonction de payer ?

Peu, comparé à une action en justice classique : de l'ordre de 30 à 35 € de frais de greffe au dépôt de la requête, et 70 à 150 € pour la signification de l'ordonnance par un commissaire de justice — soit un total généralement compris entre 100 et 200 €, sauf opposition du débiteur, qui entraîne des frais supplémentaires.

→ Qu'est-ce qu'une mise en demeure de payer ?

→ Comment relancer un client qui ne paie pas ?

→ Que faire face à une facture impayée ?